David Lynch I Know (Sasha Remix)
Article initialement paru sur Délicatesses de boudoir.
Ce lundi, Maïa nous parle du « privilège d’être un homme ». Point de manque de phallus chez la petite fille étudiée par Freud, mais le constat que les hommes sont beaucoup plus respectés dans nos sociétés occidentales. Et ce, depuis l’expérience de personnes transsexuelles, qui ont donc connu les deux côtés du miroir, d’abord femme puis homme.
Loin de moi l’idée, et de Maïa aussi si je l’interprète bien, de poser les femmes en victimes systématiques, mais plutôt d’essayer de se rendre compte du fossé entre la considération donnée d’emblée à un homme et celle accordée à une femme en règle générale. Les femmes ne sont pas automatiquement brimées, elles bénéficient apparemment d’un prestige / respect moindre que les hommes. La raison ? Difficile d’attaquer uniquement la société, il est probable que le comportement de certaines femmes elles-mêmes ne fait rien pour arranger les choses.
Néanmoins, lorsque je déambule dans des quartiers pas forcément « chauds » de grandes villes, je suis sidérée par la liberté que s’accordent certains mecs pour m’aborder, de « hé mamzelle t’as un 06 ? » (réponse cartésienne: « non, un 07, connard ! »), à « tu montes chez moi ? J’habite pas loin » (réponse royalienne: « est-ce que vous m’auriez posé la même question si j’étais un homme ? »), le chromosome XY semble donner des ailes. Ne pas disposer d’un bout de chair pendouillant dans le pantalon semble me conférer l’obligation de supporter de me faire enquiquiner 3 fois par jour en marchant ou d’être surnommée « ma princesse » par le jeune homme qui a par ailleurs la gentillesse de me fournir en fruits et légumes frais. Et encore, je ne suis pas encore confrontée au marché du travail.
Je crois profondément que les mentalités peuvent changer, non pas en attaquant les hommes à boulets rouges, mais en faisant comprendre à tous les origines de certains mécanismes. Marcher sans se sentir une proie potentielle, voilà qui devrait être accessible à tous. A bientôt dans le monde des Bisounours !
NB: pour un homme, se féminiser est un avilissement, pour une femme se masculiniser est une source de pouvoir. C’est ce à quoi Sociological Images aboutit en comparant des costumes pour Halloween.
Billet initialement publié ici. QUE LIS-JE ? Les femmes auraient une tendance à l’auto sabotage ? Pas du tout. Enfin, nous sommes un peu stupides parfois, mais… Cet article me remémore quelques pensées dont je voudrais vous faire part. Une évolution pas si évoluée Les comportements sociaux sont normés selon le sexe. On peut y trouver une explication biologico-historique, et une explication sociologique. Les facteurs biologiques complétés par l’évolution ont produit un pré-formatage des comportements humains : l’homme doit chasser le bison et disséminer sa semence au maximum pour permettre la survie de l’espèce, la femme doit préparer un endroit confortable pour elle et sa progéniture. Ces tendances initiales pourraient expliquer des travers encore actuels : pour parler d’un même phénomène, l’achat d’un ordinateur par exemple, l’homme soulignera sa puissance, ses caractéristiques techniques (« cet ordi a un disque dur gros CMB »), alors que la femme aura plus l’inclination d’évoquer le design, l’environnement confortable que cet ordinateur lui procure (« cet ordi est joli-sous-entendu-moi-aussi »). L’instinct de survie nous prédispose donc à certains comportements et analyses de l’environnement. Prédisposer c’est bien, formater c’est mieux Ces facteurs ne sont toutefois pas suffisants pour façonner de bons soldats de la norme sexuée : la société imprime largement les attitudes de genre attendues. On peut décemment penser qu’il n’existe aucun gène prédisposant à la distinction en un dixième de seconde entre une Ferrari Enzo et une Aston Martin DB5 – c’est pourtant simple, l’une est rouge et l’autre est conduite par James Bond. De même qu’il n’y a sans doute pas d’explication neurologique pour l’aptitude à décrire une robe de mariée ; « bah elle était blanche ! » versus « c’est du taffetas de soie sauvage couleur ivoire légèrement grattée, avec des fronces sur le buste et… ». La socialisation différenciée (copyright François de Singly) s’occupe d’inculquer profondément des rôles sociaux sexués. Il s’agit d’un processus inconscient qui fait intégrer aux individus des comportements et des croyances propres à leur genre, et ce au sein de toutes les instances de socialisation : famille, groupe de pairs, école, club de sport, monde professionnel, etc. L’enfant fille s’aperçoit qu’on lui demande d’être sage et posée. L’enfant garçon est poussé à être batailleur et fort. Sans pousser jusqu’à un débat stérile de comparaison d’aptitudes et d’intelligences attribuées à l’un ou l’autre sexe, on comprend mieux pourquoi, à niveau équivalent, les filles sont moins ambitieuses puisqu’elles sont habituées depuis l’enfance à ne pas faire de vagues. Comment se projeter soi même dans une carrière professionnelle à succès à la force du poignet quand on nous dit d’attendre que le prince charmant pointe le bout de son cheval blanc ? Alors bien sûr les exceptions de part et d’autres sont légion, et heureusement. Néanmoins les travers sexistes persistent, que ce soit envers la fille mécano ou l’homme sage-femme. Les femmes elles mêmes entretiennent beaucoup cela, à commencer par les auteurs de ce blog qui préfèrent un contenu plutôt léger quand d’autres lancent des blogs d’intelligence stratégique. Les mentalités sont longues à changer, et les processus inconscients encore plus. Mais du nerf les meufs, on va y arriver. Inspired by Matthieu.
Après un long silence, retour sur les chemins du blogging via un nouveau trajet => http://delicatessesdeboudoir.wordpress.com et avec une compagne de route pour le moins agréable, Mademoiselle B.
Adieu veaux, vaches, colocs.
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Adieu les petits colocs, ne m’en voulez pas si je pars sans vous dire “au revoir”. Je préfère proférer des adieux silencieux.
Adieu votre saleté crasse et votre bordel omniprésent. A ce point-là, ça confine à la compétence professionnelle. Trouvez un job où il faut être sale, vous serez vite promu-e-s.
Adieu vos copains qui pissent dans la douche (?) et sur la moquette(??). L’urine a une odeur tenace, ce que je ne savais point.
Adieu ma bouffe dérobée. En même temps vue la vôtre, je comprends que vous craquiez.
Adieu les réveils intempestifs cinq fois par semaine à 4h du matin. Vous aimez être (la)bourré-e-s en rentrant de soirée, on l’aura compris.
Adieu votre nombrilisme.
Adieu vos jacassements ininterrompus (et affligeants, soit dit en passant).
Adieu ”RYAAAAAAAAN !!!!”. Cet appel à mi chemin entre le braillement de nouveau-né, le cri de mouette et l’égorgement de Miley Cyrus à mains nues ne me manquera pas.
Adieu les “did you go out / are you going out ?” qui constituent l’essentiel de votre pitoyable conversation. Les mouettes, elles, ont la décence de ne pas être compréhensibles.
Adieu l’odeur de saucisse grasse industrielle périmée, les parfums asphyxiants, les sourires hypocrites et tout ces petits riens qui ont pourri mon quotidien durant neuf mois.
Adieu.
Je vous laisse et m’envole vers d’autres cieux plus cléments. Un peu plus propres, au moins.
L’image a été réalisée par la talentueuse @MaliceLunae qui a su capter à la perfection les traits principaux de mes (ex!-)colocs.




